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Dépression dans le monde, en bref



Introduction

La dépression en France devient un véritable fléau. Mais il est de rigueur de traiter la dépression à l’échelle mondiale également.
Les statistiques sont plutôt incroyables surtout en matière de suicide résultant souvent de dépressions aggravées.
Les deux maladies mentales les plus fréquentes sont la dépression et les troubles anxieux.

La dépression majeure affecte 340 millions de personnes.

L’Organisation mondiale de la santé estime que la dépression deviendra la principale cause d’invalidité ; dans les pays industrialisés d’ici l’an 2020, et sera au deuxième rang derrière les maladies cardiaques à l’échelle mondiale.

Le rapport du BIT sur la santé mentale au travail
en Allemagne, aux Etats-Unis, en Finlande, en Pologne et au Royaume-Uni, publié par l’Organisation Internationale du Travail, souligne le caractère instable de la santé mentale au travail. La dépression prendrait sa source au niveau des conditions de travail, notamment, générateurs de stress et d’anxiété.

Ces pays sont a priori les plus touchés par des troubles de la santé mentale, du fait d’une multitude de nouvelles technologies et méthodes d’organisation du travail, introduites pour faire face à la montée des exigences de productivité d’où l’intérêt prononcé de l’OIT à leur égard.

L’Europe

Sites abordant la question de la santé en Europe :

L’IRDES, Institut de recherche et documentation en économie de la santé.
"Producteur de données et d’analyses en économie de la santé, l’IRDES (ex CREDES) a pour objectif de contribuer à nourrir la réflexion de tous ceux qui s’intéressent à l’avenir du système de santé. Enquêtes à l’échelle européenne.
Multidisciplinaire, l’équipe de l’IRDES (ex CREDES) observe et analyse l’évolution des comportements des consommateurs et des producteurs de soins à la fois sous l’angle médical, économique, géographique et sociologique. La mise à disposition de l’information est également l’une de ses priorités."

La Commission Européenne incarne et défend l’intérêt général de l’Union. Elle constitue le moteur de son système institutionnel. Les quatre principales fonctions de la Commission consistent à proposer des textes législatifs au Parlement et au Conseil, à gérer et à mettre en œuvre les politiques communautaires, à faire respecter le droit communautaire (mission qu’elle partage avec la Cour de justice) et à négocier des accords internationaux, principalement en matière d’échanges commerciaux et de coopération. Direction Générale Santé et protection des consommateurs,

« Notre tâche est de veiller à ce que les denrées alimentaires et les biens de consommation vendus dans l’UE soient sûrs, à ce que le marché intérieur de l’UE profite aux consommateurs et à ce que l’Europe contribue à protéger et améliorer la santé de ses citoyens. Nos activités touchent à la vie quotidienne des citoyens européens. »

Les chiffres  :

On estime à 60 millions le nombre d’individus souffrant de dépression en Europe uniquement. Plus de 40 % d’entre eux n’ont aucun accès aux possibilités de traitement et seuls 25 à 35 % des patients traités pour dépression dans les études cliniques présentent une rémission ou un soulagement total de l’ensemble des symptômes les affectant. Les experts s’accordent sur le fait que l’échec d’une rémission peut conduire à un risque plus important de rechute, une détérioration continue des performances professionnelles et des relations sociales, un recours croissant aux services médicaux et une augmentation considérable des risques de suicide et d’abus de substances médicamenteuses.

Rien qu’en France, la dépression touche 15% au moins de la population générale. Au niveau mondial, les projections épidémiologiques de l’OMS font passer la dépression du 4ème rang en 1990 au 2ème rang en 2020 des 15 pathologies les plus handicapantes en terme d’altération de la qualité de vie et d’années de vie perdues.

Les solutions :

L’OMS a publié le 11 novembre 2004 un rapport sur la santé incitant les entreprises pharmaceutiques, notamment, à investir davantage dans la recherche et l’innovation, ces dernières en étant le principal moteur, l’une des causes de lacunes dans le domaine sanitaire. Dans rapport, l’OMS a dressé une liste de médicaments prioritaires en prenant en compte divers paramètres liés à la santé afin d’orienter cette recherche en fonction des réels besoins. L’objectif étant de faire face aux maladies déjà en place et aux maladies émergentes, déjà populaires. Données valables également pour le reste du monde. Toutefois, les pays de l’Europe de l’OMS oeuvrent en fonction de leurs moyens et de leurs ressources. La France semble loin devant d’autres membres de la communauté et l’Organisation Mondiale de la Santé préconise ses actions comme principal moteur dans la résolution de solutions et l’avancement en matière de santé. En Europe, la santé publique est traitée différemment selon les pays. Voici le rapport d’une étude menée en Suède sur l’île de Gotland : Résultats du programme d’éducation de Gotland :

 
1982
1985
Taux de suicide
25/100 000
7/100 000
Nombre jours hôpital (moyenne)
30
15
Prescription d’antidépresseur en DDD/1000 habitants
3.9
5.2
Prescription tranquillisant en DDD/1000 habitants
11.6
9.7

Les médecins ont ainsi augmenté leur prescription d’antidépresseurs, réduisant alors le recours aux services psychiatriques et aux hospitalisations. Les arrêts maladie ont été diminués de moitié. Il est à noter que le taux de suicide a été significativement réduit. La mesure des effets à long terme a démontré que cette tendance était le résultat du programme d’éducation. Le bénéfice des résultats du programme s’estompant avec le temps témoigne de la nécessité de reproduire régulièrement [...]
Source Psychodoc-France Les résultats de ces études montrent en effet généralement que, et pas seulement en Europe par ailleurs, les populations ne sont pas traitées comme elle le devraient en cas de dépression. Il existe des lacunes non négligeables dans l’initiative des gens à consulter en cas de dépression légères. Souvent ils ne prennent conscience d’un état uniquement en cas de dépression majeure dont les symptômes sont plus probants. Mais la prescription d’antidépresseurs représentent-ils la solution la plus efficace à long terme dans le traitement de la dépression ? D’autre part, selon l’OMS, de nouveaux tests de neuro-imagerie seraient susceptibles de pouvoir définir précisément les fonctions cérébrales pathologiques pour un certain nombre de troubles, dont la dépression, ce qui permettrait d’améliorer les options thérapeutiques.

Les Etats-Unis

L’organisation "Centres pour le contrôle et la prévention des maladies"(site en anglais) est considérée comme l’agence fédérale leader en matière de protection de la santé et de la sécurité de la population, appartenant au Département de la Santé et des Services publics. Ils sont en charge essentiellement du maintien de la santé et de la collecte d’information en vue d’une analyse et de l’amélioration de leurs actions dans le domaine de la santé, et de concert avec les autres organismes existants dans ce domaine. Il y a également l’Institut National de la Santé Mentale(NIMH : site en anglais), l’un des 27 composants des instituts nationaux de la santé (NIH). Il s’agit de l’agence fédérale biomédicale et comportementale principale de recherches. NIH fait partie du département de la santé et des services humains des Etats-Unis.
La mission de NIMH est de pallier aux problèmes de santé mentale et troubles comportementaux par la recherche sur l’esprit, le cerveau et le comportement.

Quelques chiffres :

30.000 américains se suicident chaque année et 500.000 autres tentent de le faire ; 90% d’entre eux présentent une maladie mentale ; 1 personne sur 10 est traitée pour dépression ;

Afin de détecter les dépressions majeures, essentiellement, dans le cadre d’une enquête effectuée aux États-Unis, la US National Health Interview Survey a mis au point le Composite International Diagnostic Interview (CIDI), un questionnaire d’enquête. Lle CIDI a également été utilisé lors de l’Enquête nationale sur la santé de la population (ENSP) au Canada. Outre ce programme de détection, les Etats-Unis ont mis en place d’autres programmes de santé mentale. D’une part, des programmes de santé mentale sont instaurés dans les écoles, par renforcement du systèmes déjà existant pour les troubles mentaux, et par mesure de prévention, aux vue de l’augmentation des troubles mentaux chez les enfants. D’autres programmes visent à aider à la réinsertion de personnes souffrant de troubles mentaux, par le travail, notamment.

Le Canada

L’Unité de la promotion de la santé mentale (PSM), créée en 1995, a pour objectif le maintien et la promotion de la santé mentale et du bien-être de la population canadienne. . "Au Canada, la planification et la prestation des services de santé mentale relèvent principalement des gouvernements provinciaux et territoriaux. Le gouvernement fédéral (surtout par l’entremise de Santé Canada) collabore de diverses façons avec les gouvernements provinciaux et territoriaux afin de les aider à mettre sur pied des services de santé mentale coordonnés, efficaces et adaptés aux besoins."

L’Agence de Santé Publique du Canada recense différents types de structures, notamment en charge de la santé.

Mentionnons tout d’abord la Division du Vieillissement et des Aînés (DVA) permettant de favoriser la participation des aînés aux décisions et aux activités du gouvernement fédéral qui les concernent. Cette structure sera en charge notamment de traiter les problèmes de santé mentale telle que la dépression. 20% des aînés (65 ans ou plus) souffrent d’une dépression allant de légère à sévère, soit entre 5 % et 10 % des aînés dans la communauté et entre 30 % et 40 % de ceux en institution. Toutefois il peut arrivé que cette maladie ne soit pas diagnostiquée ni traitée chez les aînés.
D’autre part le Conseil Consultatif National sur le troisième âge (CCNTA) a été créé le 1 er mai 1980 pour conseiller et aider le ministre de la Santé nationale sur toutes les questions touchant le vieillissement de la population canadienne et la qualité de vie des aînés. Ils réalisent notamment la possibilité de prévention des dépressions chez les aînés du fait que le trouble provient souvent d’une vision négative, d’un sentiment de perte de contrôle sur sa vie...etc.

Existe également la Division de l’Enfance et de l’Adolescence (DEA) se situant au coeur de l’élaboration de la politique, de la recherche et de l’analyse stratégique des tendances relatives aux grands déterminants de la santé et du bien-être des enfants et des jeunes au Canada.

Cette division est également très préoccupée par la santé des enfants et des adolescents et prévoit régulièrement des dispositifs d’information au parents, de prévention vis à vis des troubles de la dépression, de maniaco-dépression également. "Les femmes sont susceptibles environ deux fois plus que les hommes d’avoir une dépression [...]
Les effets du stress, de la violence, de la pauvreté, de l’inégalité et de la sous-estimation de soi ont tendance à accroître la vulnérabilité des femmes à avoir une dépression" selon le rapport de surveillance de la santé des femmes au Canada.
Si la santé est suivie de près notamment pour les enfants/adolescents et les aînés, le Canada considère une fragilité supérieur à la moyenne chez les femmes comparée à celle des hommes, en proie à la dépression post natale, selon de récentes études. 8 % des adolescentes (12-13 ans) déclarent avoir pensé au suicide au cours de l’année précédente (ENSP). Des recommandations ont été faite en matière de dépression dans l’analyse et la recherche de traitements et d’un encadrement plus adaptés selon les étapes de la vie des femmes et les causes de la dépression.

Notons que les provinces ont également des dispositifs internes, comme "L’Institut National de la Santé Publique du Québec".(INSPQ) est une personne morale mandataire de l’État. Il a été créé en vertu de la Loi sur l’Institut national de santé publique du Québec, adoptée le 19 juin 1998 et mise en vigueur le 8 octobre 1998. Sa fonction principale est de soutenir le ministre de la Santé et des Services sociaux et les régies régionales dans l’exercice de leur mission de santé publique."

L’Afrique

La question de la santé mentale en Afrique a longtemps été éludée étant donné que la priorité était la lutte contre les épidémies liées au processus de colonisation, ainsi que la question des revenus faibles, des maladies transmissibles et de la malnutrition, de la faible espérance de vie et des services aux maigres effectifs.

Guérisseurs et sorciers en Afrique sont progressivement mêlés à une psychiatrie plus traditionnelle. Thérapies de groupe et rituels traditionnels visant la guérison de l’individu sont associés dans le souci de respecter les origines socioculturelles des patients.

Pour info : La colonisation débute au 19ème siècle et se poursuit jusque dans les années 60. La Conférence de Berlin (1884-1885) réunie à l’initiative de Bismarck, a eu pour but d’établir les règles du jeu pour la conquête de l’Afrique, afin de désamorcer les conflits entre les colonisateurs, soit la rivalité franco-belge au Congo. Mais elle établit en réalité des règles de colonisation à défaut de pouvoir l’interdire.

L’apparition de la dépression en Afrique

Alors qu’on pensait que la dépression était le lot des pays industriels, les pays africains semblent également bien contaminés. Notre société évolue actuellement principalement sur un mode de vie basé sur la performance, la rentabilité, la compétition et donc sur le stress, ou bien l’individualisme, des conséquences fâcheuses. La culture africaine, très attachée au départ à une interactivité absolue entre les individus d’un groupe s’est vue, avec la colonisation puis l’émigration, affublée du mode de fonctionnement des occidentaux et privée de certains de ses préceptes vitaux.

Selon une étude du Professeur Henri Collomb, fondateur à l’hôpital de Fann à Dakar d’une école de psychiatrie, "Vingt ans de travaux à la clinique psychiatrique de Fann-Dakar", “le problème des “aliénés” fut cependant soulevé assez tôt. Les premières observations psychiatriques, isolées, retrouvées en archives remontent au siècle dernier ; elles sont le fait de médecins et chirurgiens militaires qui soulignent dans leurs rapports médicaux au médecin-chef du Sénégal l’absence dramatique de structures adaptées pour ces catégories de malades et les difficultés de leur évacuation sur la France.”

En quoi diffère la dépression en Afrique ?

La santé mentale des pays africains, et notamment la dépression, ne peut être réellement associée au schéma occidental que l’on connaît au risque d’une négation de leur culture. La culture africaine, ses traditions ancestrales et l’impact de la colonisation mettent en évidence une différence non négligeable des troubles psychosociaux.

La plupart des symptômes de la dépression, que l’on connaît en occident (tristesse, perte d’intérêt pour les activités etc.), sont présents en Afrique. Toutefois, il existe des variantes étant donné la différence de culture. Par exemple, le sentiment de culpabilité est étranger aux africains, contrairement aux populations marquées de l’empreinte judéo-chrétienne. La culpabilité et l’auto-accusation seraient donc des symptômes typiquement occidentaux.
La dépression est caractérisée par la somatisation (plaintes somatiques) qui s’accompagne d’un du sentiment de persécution alors que les idées de culpabilité et de suicide sont rares. Etat que Collomb a aussi nommé « masque noir de la dépression » ou « Dépressions masquées psychotiques ».

Quelques références :

- Site Internet PsyCause : http://perso.orange.fr/psycause/

- Université d’Abomey-Calavi (UAC) – Bénin

- La dépression chez le Noir africain par Moussa DIOP

Les mesures

L’OMS s’est fixée divers objectifs tels que :

- Faire de la santé mentale une priorité mondiale

- Établir un plan d’action

- Compiler des connaissances spécialisées dans un index public

- Recours à l’Internet pour diffuser les informations

Le Bureau régional pour l’Afrique de l’OMS se situant à Brazzaville au Congo, et dirigé par le Docteur Luís Gomes Sambo, est entre autres composé d’un département de la Santé mentale et des Toxicomanies visant à améliorer les services de soins et de prévention en matière psychiatrie et de lutte contre l’usage abusif de drogues.

De manière générale, des dispositions sont prises dans les pays africains dans le cadre de la prise en charge des troubles affectifs et comportementaux des populations africaines. L’OMS œuvre afin d’améliorer les services de santé, les conditions de prise en charge et donc les conditions de vie des personnes atteintes de troubles mentaux.

Par exemple, à la suite d’une étude épidémiologique (1993), selon laquelle 64% des enfants (de 6 à 16 ans) souffraient au moins d’un problème de troubles affectifs et comportementaux, l’université du Cap a mis en place le projet d’Empilweni ou « lieu de guérison » en 1994, à Khayelitsha, une collectivité locale informelle, de 500.00 habitants, au Cap en Afrique du Sud.
En 2002, l’accent est mis sur l’impact psychologique de la violence sur les enfants et les adolescents lors de la Journée de la Santé Mentale. La nécessité d’une rééducation au sein des familles et des communautés est mise à l’ordre du jour.

Des institutions ont également été mises en place en Afrique. Selon le Docteur Habib Thiam, l’hôpital de Fann accueille entre 400 et 500 personnes sont hospitalisées chaque année uniquement pour cause de dépression.




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